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Guide fiscalité

Quel régime de TVA choisir pour lancer sa société ?

11 min de lecture Mis à jour le 27 septembre 2026Rédigé par L'équipe Fynteo, cabinet d'expertise comptable
Entrepreneur comparant ses factures pour choisir son régime de TVA
L'essentiel en bref

Pour choisir votre régime de TVA au démarrage, ne regardez pas seulement votre chiffre d'affaires prévisionnel. Regardez surtout qui sont vos clients, combien de TVA vous allez payer sur vos premières dépenses et à quelle vitesse vous souhaitez récupérer un éventuel crédit de TVA.

La franchise en base permet, sous conditions de seuils, de ne pas facturer la TVA, mais elle vous empêche en contrepartie de déduire celle supportée sur vos achats. En optant pour la TVA, vous facturez la taxe à vos clients et pouvez déduire la TVA sur les dépenses qui ouvrent droit à déduction.

En septembre 2026, il faut ajouter un élément important : le régime simplifié de TVA doit disparaître au 1er janvier 2027. Pour une société créée aujourd'hui, le choix doit donc déjà être pensé avec les règles qui arrivent.

Posez trois factures clients et trois factures fournisseurs sur votre bureau

Imaginez que votre société soit créée.

Avant de choisir une case fiscale, prenez les opérations que vous pensez réellement réaliser pendant les premiers mois.

Côté clients :

  • une première facture à un particulier ;
  • une facture à une entreprise ;
  • une troisième facture correspondant à votre activité habituelle.

Côté dépenses :

  • votre matériel de départ ;
  • vos logiciels ou abonnements ;
  • votre principale dépense récurrente.

Votre régime de TVA va agir des deux côtés.

Sur vos ventes, il détermine notamment si vous devez ajouter de la TVA.

Sur vos achats, il détermine si la TVA supportée peut être déduite lorsque les conditions du droit à déduction sont réunies.

C'est cette double lecture qu'il faut effectuer avant de choisir.

Commencez par votre première facture client

Prenons une prestation vendue 1 000 €.

Si votre société bénéficie de la franchise en base de TVA, elle ne facture pas la TVA sur cette opération.

La facture doit notamment porter la mention obligatoire correspondant à la franchise en base : « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».

Vous n'avez alors pas de TVA collectée à reverser sur cette vente.

Mais la question intéressante est : qui paie votre facture ?

Si votre clientèle est principalement composée de particuliers, la TVA peut influencer directement le prix TTC qu'ils voient et paient.

Si vos clients sont des entreprises disposant d'un droit à déduction, la logique économique peut être différente puisqu'elles peuvent, dans les conditions applicables, déduire la TVA facturée.

Retournez maintenant la feuille : combien de TVA allez-vous payer avant votre première vente ?

C'est souvent ici que la franchise en base devient moins évidente.

Imaginons que votre lancement nécessite :

  • un ordinateur ;
  • du mobilier ;
  • plusieurs logiciels ;
  • des prestations de sous-traitance ;
  • des dépenses de communication.

Lorsque vous êtes en franchise en base, vous ne pouvez pas déduire la TVA supportée sur ces achats.

La TVA comprise dans vos dépenses devient donc un coût pour votre entreprise.

À l'inverse, une entreprise redevable de la TVA peut déduire la TVA grevant ses dépenses professionnelles lorsqu'elles remplissent les conditions du droit à déduction.

Le bon réflexe consiste donc à calculer un montant souvent absent du prévisionnel :

TVA récupérable potentielle sur les dépenses des premiers mois.

Une société ayant très peu de dépenses ne se trouve pas dans la même situation qu'une société qui engage des investissements importants avant même sa première facture.

Faites le test du prix TTC plutôt que celui du chiffre d'affaires

Pour une activité destinée aux particuliers, prenez votre prix de marché.

Supposons simplement que vous connaissiez le prix TTC que vos clients sont prêts à payer.

Posez ensuite deux scénarios.

Vous êtes en franchise en base

Vous ne collectez pas de TVA sur la vente.

Votre prix facturé correspond au montant payé par le client.

Mais vous ne récupérez pas la TVA sur vos dépenses.

Vous êtes redevable de la TVA

Votre prix comporte la TVA applicable à l'opération.

Si vous conservez exactement le même prix TTC qu'avant, la TVA collectée est comprise à l'intérieur de ce prix : votre montant hors taxe est donc inférieur au prix TTC.

Si vous ajoutez au contraire la TVA au prix que vous pratiquiez auparavant, le prix TTC payé par le particulier augmente.

Voilà pourquoi la question n'est pas simplement :

« Suis-je sous les seuils de franchise ? »

Elle est aussi :

« Mon prix de marché est-il raisonné en HT ou en TTC ? »

Pour une activité B2C, cette question peut peser davantage que la simplicité déclarative.

En 2026, vérifiez si la franchise est réellement disponible

Pour les règles générales applicables en France en 2026, les principaux seuils de franchise en base sont :

ActivitéSeuil de baseSeuil majoré
Prestations de services37 500 €41 250 €
Ventes de biens et certaines activités assimilées85 000 €93 500 €

Ces seuils s'apprécient selon les règles fiscales applicables à la franchise en base et des règles particulières existent pour certaines activités.

Pour une entreprise nouvelle, la franchise peut s'appliquer pendant l'année de création tant que le chiffre d'affaires ne dépasse pas le seuil majoré correspondant.

Pour déterminer la situation de l'année suivant la création, des règles de proratisation doivent en revanche être prises en compte.

Si votre chiffre d'affaires dépasse en cours d'année le seuil majoré applicable, la franchise cesse à compter de la date du dépassement.

Si vous dépassez le seuil de base sans dépasser le seuil majoré, la mécanique est différente : la franchise peut continuer à s'appliquer pendant l'année concernée, mais votre situation doit être réexaminée pour l'année suivante.

Sources de vérification des seuils 2026 : impots.gouv.fr et Service Public Entreprendre, consultation septembre 2026.

Vous êtes sous les seuils : la franchise reste un droit, pas toujours le meilleur choix

Une entreprise pouvant bénéficier de la franchise peut choisir d'opter pour le paiement de la TVA.

Cette possibilité est importante au démarrage.

Imaginez une société dont le chiffre d'affaires prévisionnel reste sous le seuil de franchise, mais qui doit engager immédiatement des dépenses importantes avec TVA.

Rester en franchise lui évite les déclarations de TVA.

Mais elle renonce en contrepartie à la déduction de la TVA supportée sur les achats concernés.

L'option pour la TVA peut alors mériter d'être étudiée.

Elle doit cependant être anticipée : une option fiscale possède des règles de prise d'effet et de durée. Il ne faut donc pas la traiter comme un bouton que l'on active et désactive librement chaque mois.

Franchise ou TVA : faites chiffrer votre situation

Vos deux comptables dédiés comparent les deux options sur vos vraies factures, avec une équipe réactive et une plateforme Fynteo qui suit votre TVA au fil de l'eau.

Si vous choisissez la TVA en septembre 2026, regardez déjà janvier 2027

C'est la particularité du calendrier actuel.

En 2026, le régime simplifié de TVA existe encore.

Son fonctionnement repose notamment sur une déclaration annuelle de régularisation et, lorsque les conditions sont réunies, sur deux acomptes au cours de l'année.

Mais ce régime doit être supprimé en matière de TVA à compter du 1er janvier 2027.

À partir de cette date, les entreprises qui ne relèvent pas de la franchise en base basculent vers le nouveau cadre déclaratif prévu par la réforme, avec une logique de déclarations périodiques.

Pour une société créée à la fin de l'année 2026, il serait donc trompeur de choisir le réel simplifié uniquement parce que vous préférez l'idée d'une déclaration annuelle : ce fonctionnement est en fin de vie.

Votre organisation comptable doit déjà pouvoir supporter un suivi périodique de la TVA.

Le réel normal vous fait regarder la TVA beaucoup plus régulièrement

En régime réel normal, la déclaration CA3 est en principe déposée chaque mois.

Lorsque la TVA nette due annuellement est inférieure à 4 000 €, une déclaration trimestrielle peut être possible.

Cette fréquence présente un intérêt particulier lorsque votre société supporte beaucoup de TVA déductible au démarrage.

Si votre déclaration fait apparaître davantage de TVA déductible que de TVA collectée, vous obtenez un crédit de TVA.

Ce crédit peut être reporté sur les déclarations suivantes ou faire l'objet d'une demande de remboursement lorsque les conditions sont remplies.

En régime réel normal avec déclarations mensuelles, une demande de remboursement peut notamment être effectuée lorsque le crédit atteint le minimum réglementaire applicable.

Le réel normal ne doit donc pas être résumé à :

« davantage de déclarations ».

Il peut aussi signifier :

« je constate plus rapidement ce que l'État me doit ou ce que je dois à l'État ».

Un gros investissement ne signifie pas que le réel simplifié bloque forcément votre crédit jusqu'à la fin de l'année

Le régime simplifié 2026 mérite ici une précision.

Il est vrai que son fonctionnement repose principalement sur une régularisation annuelle.

Mais une entreprise au réel simplifié peut, sous certaines conditions, demander en cours d'année le remboursement provisionnel d'un crédit provenant de la TVA déductible ayant grevé l'acquisition d'immobilisations.

Le remboursement semestriel est notamment soumis à un minimum de 760 € et à des conditions documentaires.

Il est donc incorrect de dire qu'une entreprise au réel simplifié doit toujours attendre sa déclaration annuelle pour récupérer toute TVA liée à un investissement.

Cela ne change toutefois pas la question essentielle pour une création fin 2026 : le régime simplifié de TVA disparaît dès 2027.

Le régime de TVA change aussi votre manière de fixer votre trésorerie disponible

Une entreprise redevable de la TVA peut recevoir sur son compte bancaire de l'argent qui ne constitue pas entièrement son chiffre d'affaires hors taxe.

Une partie correspond à la TVA collectée destinée à être reversée, après prise en compte de la TVA déductible.

C'est pourquoi un solde bancaire élevé juste après plusieurs règlements clients peut être trompeur.

Exemple de réflexe :

Vous recevez plusieurs factures clients réglées TTC.

Avant de considérer toute cette trésorerie comme disponible pour payer un investissement, une rémunération ou une autre dépense, il faut isoler l'effet de la prochaine déclaration de TVA.

À l'inverse, lorsque les premiers mois comprennent surtout des investissements et peu de ventes, votre société peut accumuler un crédit de TVA.

Le régime déclaratif détermine alors le rythme auquel cette situation devient visible fiscalement.

Chez Fynteo, le choix du régime et le suivi mensuel sont deux sujets différents

Le choix fiscal se fait au départ.

Ensuite, quelle que soit la fréquence réglementaire de déclaration, la comptabilité doit permettre de savoir ce qui s'est réellement passé.

C'est là que le compte professionnel devient utile.

Fynteo recommande à égalité le Compte Pro Pennylane, intégré à Pennylane et opéré par Swan, et Qonto, qui se connecte nativement à Pennylane.

Les opérations bancaires peuvent ainsi rejoindre l'environnement comptable sans attendre l'envoi manuel d'un relevé.

L'intérêt pour la TVA est très concret.

Lorsqu'une dépense apparaît, son justificatif peut être rapproché de l'opération pendant qu'elle est encore récente. Vos deux comptables dédiés peuvent identifier les pièces manquantes et préparer le traitement de la TVA au fil de l'eau.

À l'approche d'une CA3, la question n'est plus de reconstituer plusieurs mois de banque.

Il faut surtout contrôler que les opérations disposent des justificatifs nécessaires et que leur traitement TVA est cohérent.

Qonto et le Compte Pro Pennylane sont ainsi les deux options que nous recommandons pour travailler avec Fynteo.

Quatre situations permettent finalement de faire un premier tri

Vous vendez principalement à des particuliers, avez très peu de dépenses et restez largement sous les seuils.

La franchise en base mérite d'être étudiée, notamment parce que la construction de votre prix TTC peut être déterminante.

Vous travaillez principalement avec des entreprises récupérant la TVA et vous engagez beaucoup de dépenses avec TVA.

L'intérêt de rester en franchise peut être nettement plus faible. Une option pour la TVA mérite d'être chiffrée.

Vous investissez fortement dès la création et anticipez un crédit de TVA.

Regardez non seulement le droit à déduction, mais aussi le calendrier auquel vous pourrez déclarer et, lorsque les conditions sont réunies, demander le remboursement du crédit.

Vous créez votre société à la fin de 2026.

Ne construisez pas votre organisation autour du réel simplifié comme s'il devait continuer plusieurs années. Intégrez dès maintenant sa suppression au 1er janvier 2027.

Créez votre société avec le bon régime de TVA dès le départ

Sur la plateforme Fynteo, vos deux comptables dédiés vérifient votre choix de TVA avant le dépôt, et notre équipe réactive répond à vos questions pendant tout le parcours.

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Parlons de vos premières factures

Un échange avec l'équipe réactive Fynteo suffit pour trancher : vos deux comptables dédiés prennent ensuite le relais sur la plateforme pour vos déclarations.

Questions fréquentes

Une SASU peut-elle bénéficier de la franchise en base de TVA ?

Oui. La franchise en base n'est pas réservée aux micro-entrepreneurs. Une SASU, une SAS, une EURL ou une SARL peut notamment en bénéficier lorsque les conditions du régime sont respectées.

Peut-on récupérer la TVA si l'on est en franchise en base ?

Non. La contrepartie de l'absence de collecte et de déclaration de TVA est l'absence de droit à déduction de la TVA sur les achats réalisés dans le cadre de la franchise. Une entreprise qui souhaite récupérer la TVA peut, lorsqu'elle remplit les conditions, opter pour son paiement.

Quels sont les seuils de franchise en base en 2026 ?

Pour les règles générales, le seuil de base est de 37 500 € pour les prestations de services et de 85 000 € pour les ventes de biens et certaines activités assimilées. Les seuils majorés sont respectivement de 41 250 € et 93 500 €. Certaines activités disposent de règles particulières.

Que se passe-t-il si je dépasse 41 250 € de prestations de services en 2026 ?

Lorsque le seuil majoré applicable est dépassé en cours d'année, la franchise cesse à compter de la date du dépassement. Il faut alors gérer rapidement la facturation et signaler le changement au service des impôts des entreprises afin de pouvoir déclarer la TVA.

Puis-je choisir de facturer la TVA même si je suis sous les seuils ?

Oui. Une entreprise éligible à la franchise en base peut opter pour le paiement de la TVA. Cette décision peut notamment être pertinente lorsqu'elle supporte une TVA importante sur ses dépenses ou travaille avec des clients pour lesquels la TVA est récupérable. L'option doit toutefois être étudiée avec ses règles de durée et de prise d'effet.

Le réel normal oblige-t-il toujours à déclarer la TVA chaque mois ?

La déclaration est en principe mensuelle. Lorsque la TVA nette due annuellement est inférieure à 4 000 €, une déclaration trimestrielle peut être possible.

Le régime réel simplifié existe-t-il encore en 2026 ?

Oui, il existe encore en 2026. Mais sa suppression en matière de TVA est prévue au 1er janvier 2027. Une société créée fin 2026 doit donc anticiper cette évolution au lieu d'organiser durablement sa gestion autour de la CA12 et des acomptes semestriels.

Au réel simplifié, faut-il toujours attendre la déclaration annuelle pour demander le remboursement d'un crédit de TVA ?

Non. Sous certaines conditions, un remboursement provisionnel peut notamment être demandé pour un crédit provenant de TVA déductible sur l'acquisition d'immobilisations. Le montant de la demande doit notamment atteindre 760 € et les factures concernées doivent être produites.

Franchise en base et micro-entreprise désignent-elles la même chose ?

Non. La micro-entreprise concerne notamment le régime d'imposition des bénéfices et le régime social de l'entrepreneur individuel. La franchise en base concerne la TVA. Une micro-entreprise peut devenir redevable de la TVA tout en restant au régime micro, et une société peut bénéficier de la franchise en base.

Article publié le 27 septembre 2026. Les règles fiscales et sociales peuvent évoluer : en cas de doute sur votre situation, parlez-en à votre expert-comptable.

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