Pour calculer l'impôt sur les sociétés, ne partez ni du chiffre d'affaires ni du solde bancaire.
Le calcul commence par le résultat comptable. Celui-ci est corrigé fiscalement pour obtenir le résultat fiscal. Les taux d'IS applicables sont ensuite appliqués à ce résultat. Enfin, les acomptes déjà versés permettent de déterminer le solde d'IS restant à payer.
La mécanique peut donc se résumer ainsi :
Résultat comptable + réintégrations fiscales − déductions fiscales = résultat fiscal
puis :
Résultat fiscal × taux d'IS applicable = impôt sur les sociétés
Les acomptes interviennent ensuite pour savoir combien il reste effectivement à verser.
Partez d'un chiffre qui existe déjà dans vos comptes
Imaginons une société qui termine son exercice avec un résultat comptable bénéficiaire.
C'est votre point de départ.
Ce résultat provient de la différence entre les produits et les charges enregistrés en comptabilité au cours de l'exercice.
Mais il ne faut pas encore lui appliquer 15 % ou 25 %.
Pourquoi ?
Parce que la comptabilité et la fiscalité ne traitent pas nécessairement chaque opération de la même manière.
Le résultat affiché dans votre compte de résultat doit donc franchir une étape supplémentaire avant de devenir la base de calcul de l'IS.
Faites maintenant subir un contrôle fiscal à ce résultat
Prenons un mini-cas volontairement simple.
Votre résultat comptable est de 50 000 €.
L'exercice comprend une amende de 500 € enregistrée en charge.
Fiscalement, cette amende n'est pas déductible.
Elle a diminué le résultat comptable, mais elle ne doit pas diminuer le bénéfice imposable.
Il faut donc la réintégrer.
Le calcul devient :
50 000 € + 500 € = 50 500 € de résultat fiscal, en l'absence d'autre correction.
Votre IS ne sera donc pas calculé sur 50 000 €, mais sur 50 500 €.
L'opération inverse existe également.
Certains éléments comptabilisés peuvent faire l'objet d'une déduction fiscale lorsque les règles fiscales le permettent.
La formule complète devient alors :
Résultat comptable + réintégrations extra-comptables − déductions extra-comptables = résultat fiscal.
Cet exemple permet de comprendre la mécanique, mais pas de déterminer toutes les corrections applicables à une entreprise.
Pour approfondir cette étape, consultez le guide Fynteo « Résultat comptable et résultat fiscal : pourquoi les deux chiffres diffèrent ».
Vous avez maintenant votre résultat fiscal : découpez-le avant d'appliquer un taux
Supposons que votre résultat fiscal définitif soit de 50 500 € et que votre société remplisse toutes les conditions permettant de bénéficier du taux réduit d'IS.
En 2026, le taux normal de l'impôt sur les sociétés est de 25 %.
Le taux réduit de 15 % peut s'appliquer aux PME remplissant les conditions prévues, sur la fraction du bénéfice allant jusqu'à 42 500 €.
Dans notre exemple, le calcul ne consiste donc pas à appliquer un taux unique aux 50 500 €.
Il faut séparer le résultat en deux fractions :
| Fraction du résultat fiscal | Taux appliqué | IS correspondant |
|---|---|---|
| 42 500 € | 15 % | 6 375 € |
| 8 000 € | 25 % | 2 000 € |
| Total | , | 8 375 € |
L'IS calculé sur ce résultat fiscal est donc de 8 375 €.
Source des taux et du plafond : Service Public Entreprendre, règles de l'impôt sur les sociétés applicables en 2026.
Si la société ne remplit pas les conditions du taux réduit, l'application du taux normal de 25 % à 50 500 € donnerait un IS de 12 625 €.
Arrêtez-vous ici si votre question est « combien d'IS produit cet exercice ? »
À ce stade, une distinction importante évite beaucoup de confusion.
Le montant d'IS calculé pour l'exercice et le montant qui va être prélevé au moment du solde ne sont pas nécessairement identiques.
Dans notre premier scénario, l'exercice produit 8 375 € d'IS.
Ce montant existe indépendamment du fait que la société ait déjà versé ou non des acomptes.
Les acomptes ne diminuent donc pas le bénéfice imposable et ne réduisent pas le taux d'impôt.
Ils correspondent à de l'IS déjà payé.
Il reste maintenant à regarder ce qui a déjà été versé.
Passez de l'impôt calculé au montant restant réellement à payer
Dans le cas général, l'impôt sur les sociétés fait l'objet de quatre acomptes au cours de l'année, puis d'un solde.
Les échéances ordinaires des acomptes sont fixées au 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre.
Le montant des acomptes est déterminé à partir des résultats du dernier exercice clos selon les règles applicables.
Une société nouvellement créée ou nouvellement soumise à l'IS est dispensée d'acomptes au cours de son premier exercice d'activité ou de sa première période d'imposition.
Les sociétés dont l'IS du dernier exercice clos n'excède pas 3 000 € sont également dispensées du versement d'acomptes.
Sources : impots.gouv.fr, formulaire 2571-SD 2026 et article 1668 du Code général des impôts.
Reprenons notre société dont l'IS définitif s'élève à 8 375 €.
Si elle a déjà versé des acomptes, ces versements viennent diminuer le montant restant à régler.
La logique est alors :
IS définitif de l'exercice − acomptes imputables = solde restant à payer.
Vous obtenez ainsi deux informations différentes :
- le coût fiscal de l'exercice ;
- la sortie de trésorerie restant à effectuer au moment du solde.
Cette distinction est importante pour piloter correctement la trésorerie.
Votre compte bancaire peut afficher beaucoup plus que votre bénéfice après IS
Une société peut avoir suffisamment de trésorerie pour payer son impôt tout en ayant un résultat faible.
Elle peut également afficher un bénéfice important alors que son compte bancaire est tendu.
Le solde bancaire et le résultat fiscal ne mesurent pas la même chose.
Un règlement client, le remboursement d'un emprunt, l'achat d'une immobilisation, une créance non encore encaissée ou une dette fournisseur peuvent notamment créer un décalage entre les comptes et la trésorerie.
C'est pourquoi l'estimation de l'IS doit apparaître dans le pilotage de trésorerie avant son paiement.
Chez Fynteo, la connexion bancaire à Pennylane permet de rapprocher les mouvements et les justificatifs au fil de l'eau et de conserver une vision partagée du dossier avec les deux comptables dédiés.
Qonto et le Compte Pro Pennylane sont les deux meilleures options pour travailler avec Fynteo : Qonto se connecte nativement à Pennylane et le Compte Pro Pennylane, opéré par Swan, est directement intégré à l'environnement comptable.
L'intérêt pour le calcul de l'IS n'est pas de regarder uniquement le solde bancaire : c'est d'avoir une comptabilité alimentée régulièrement, des justificatifs disponibles et moins d'opérations encore inexpliquées au moment d'estimer le résultat.
Avant la clôture, cherchez les erreurs de résultat plutôt que des dépenses pour « économiser de l'IS »
À l'approche de la clôture, la mauvaise question serait :
« Que puis-je acheter pour payer moins d'impôt ? »
Une dépense de 1 € ne permet pas d'économiser 1 € d'IS.
Et un investissement n'est pas nécessairement déduit intégralement l'année de son achat : selon sa nature, il peut devoir être immobilisé puis amorti.
La question utile est plutôt :
Le résultat utilisé pour estimer l'IS reflète-t-il correctement l'activité de l'exercice ?
Il faut notamment vérifier que les produits et charges sont rattachés au bon exercice, que les justificatifs importants sont disponibles, que les immobilisations sont correctement identifiées et que les principales corrections fiscales ont été anticipées.
C'est ce travail qui transforme une simple multiplication par 15 % ou 25 % en une estimation réellement exploitable.
Votre résultat de clôture est-il vraiment prêt pour l'IS ?
Vos deux comptables dédiés Fynteo vérifient avec vous les rattachements, immobilisations et corrections fiscales avant d'estimer l'impôt, sur une plateforme mise à jour au fil de l'eau.
Vous voulez connaître le poids réel de l'IS ? Changez encore une fois de calcul
Une fois l'IS obtenu, vous pouvez calculer son poids par rapport au bénéfice fiscal.
Dans notre exemple :
8 375 € d'IS ÷ 50 500 € de résultat fiscal = environ 16,58 %.
Ce taux effectif n'est ni le taux réduit de 15 %, ni le taux normal de 25 %.
Il traduit simplement le rapport entre l'impôt calculé et le résultat fiscal lorsque plusieurs tranches ont été utilisées.
Pour comprendre et utiliser cet indicateur, consultez le guide Fynteo « Taux effectif d'impôt sur les sociétés : le vrai indicateur à regarder ».
Gardez finalement quatre nombres, pas quatre étapes abstraites
Pour comprendre votre propre calcul d'IS, retrouvez ces quatre montants :
- votre résultat comptable ;
- votre résultat fiscal après réintégrations et déductions ;
- votre IS calculé après application des taux correspondants ;
- votre solde restant à payer après prise en compte des acomptes imputables.
Si vous ne connaissez que le troisième nombre, vous connaissez votre impôt mais pas son origine.
Si vous ne regardez que le quatrième, vous connaissez la prochaine sortie de trésorerie mais pas le coût fiscal réel de l'exercice.
Faites calculer vos quatre nombres par votre équipe Fynteo
Résultat comptable, résultat fiscal, IS et solde : une équipe réactive et deux comptables dédiés vous les présentent avant l'échéance.
Questions fréquentes
L'IS est-il calculé sur le chiffre d'affaires ?
Non. L'impôt sur les sociétés est calculé à partir du résultat fiscal. Le chiffre d'affaires constitue un élément des produits de l'entreprise, mais il ne correspond pas à lui seul à la base imposable.
Quelle est la formule pour calculer le résultat fiscal ?
Dans sa présentation simplifiée : résultat comptable + réintégrations extra-comptables − déductions extra-comptables = résultat fiscal.
Quel est le taux normal d'IS en 2026 ?
Le taux normal est de 25 %. Un taux réduit de 15 % peut s'appliquer jusqu'à 42 500 € de bénéfice pour les entreprises qui remplissent les conditions prévues.
Peut-on appliquer 15 % à tout le bénéfice ?
Pas lorsque le bénéfice dépasse la fraction bénéficiant du taux réduit. Si l'entreprise est éligible, la fraction allant jusqu'à 42 500 € bénéficie du taux de 15 %, puis la fraction supérieure relève en principe du taux normal de 25 %.
Les acomptes réduisent-ils le montant d'IS de l'exercice ?
Non. Ils correspondent à des versements déjà effectués. Ils permettent de déterminer le solde restant à payer une fois l'IS définitif de l'exercice calculé.
Une société nouvellement créée doit-elle payer quatre acomptes dès son premier exercice ?
Non. Les sociétés nouvellement créées ou nouvellement soumises à l'IS sont dispensées du versement d'acomptes au cours de leur premier exercice d'activité ou de leur première période d'imposition.
Une société déficitaire paie-t-elle de l'IS sur son déficit ?
Non. Un résultat fiscal déficitaire ne génère pas d'IS calculé au taux normal sur ce déficit. D'autres impôts, taxes ou contributions peuvent toutefois rester dus indépendamment de ce résultat.
Acheter du matériel avant la clôture réduit-il automatiquement l'IS ?
Non. Tout dépend notamment de la nature de la dépense et de son traitement comptable et fiscal. Un investissement peut devoir être immobilisé et son coût réparti sur plusieurs exercices par l'intermédiaire des amortissements.
Pourquoi le solde d'IS prélevé ne correspond-il pas toujours à l'impôt calculé ?
Parce qu'une partie de l'impôt peut avoir été versée auparavant sous forme d'acomptes. Il faut distinguer l'IS dû au titre de l'exercice du montant restant effectivement à payer.
Le simulateur IS Fynteo peut-il partir de mon résultat comptable ?
Le simulateur doit être alimenté avec le bénéfice fiscal correspondant à sa base de calcul. Si vous utilisez directement un résultat comptable qui nécessite encore des corrections fiscales, l'estimation peut être incorrecte.
Article publié le 26 septembre 2026. Les règles fiscales et sociales peuvent évoluer : en cas de doute sur votre situation, parlez-en à votre expert-comptable.
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