Oui, une SAS, SASU, SARL ou EURL peut être constituée avec un capital extrêmement faible : le capital est librement fixé et peut en pratique être ramené à 1 €. Mais cela ne signifie pas que vous pouvez lancer une société avec seulement 1 € en poche.
Il faut distinguer quatre sommes : le capital social, les frais de création, la trésorerie nécessaire aux premières dépenses et les éventuelles avances que vous faites personnellement à la société.
La bonne question n'est donc pas « puis-je créer avec 1 € ? », mais « de combien ma société aura-t-elle besoin avant son premier encaissement ? ».
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Créer ma société en ligneVous avez 1 000 € disponibles : ne décidez pas encore combien mettre au capital
Imaginez que vous disposiez de 1 000 € pour lancer votre activité.
Vous pourriez être tenté d'inscrire les 1 000 € au capital.
Ou, à l'inverse, de mettre seulement 1 € au capital et de conserver les 999 € restants personnellement.
Ces deux décisions sont juridiquement possibles dans de nombreuses situations, mais elles ne produisent pas la même organisation financière.
Avant de fixer votre capital, donnez un rôle à chaque euro.
Votre argent de départ peut avoir quatre destinations :
- une partie inscrite au capital social ;
- une partie utilisée pour payer les formalités de création ;
- une partie conservée pour financer les premières dépenses de l'activité ;
- une partie avancée ultérieurement à la société si elle en a besoin.
Cette distinction permet de comprendre pourquoi « capital à 1 € » et « création sans argent » ne sont pas synonymes.
L'euro de capital n'est pas un euro dépensé
Le capital n'est pas le prix payé pour créer la société.
Lorsqu'un associé apporte de l'argent au capital, cet argent appartient à la société après sa constitution. Une fois les fonds débloqués selon le processus du dépositaire, ils peuvent servir aux dépenses de l'entreprise.
Vous ne perdez donc pas automatiquement 1 000 € parce que vous créez une société avec 1 000 € de capital.
La logique est très différente pour les frais de formalités.
Une annonce légale payée est une dépense.
Les frais d'immatriculation sont une dépense.
Le capital, lui, constitue une ressource de la société.
Même avec 1 € de capital, certaines factures existent avant votre premier client
Pour une société commerciale, les formalités comportent notamment l'immatriculation, la déclaration des bénéficiaires effectifs et la publication d'une annonce légale.
Au 26 septembre 2026, Service Public indique un coût de 33,83 € pour la formalité d'immatriculation d'une société commerciale et 19,33 € pour la déclaration des bénéficiaires effectifs.
L'annonce légale s'ajoute à ces montants. Son tarif dépend notamment de la forme de société et du territoire concerné.
D'autres coûts peuvent apparaître selon votre projet : accompagnement juridique, domiciliation, activité réglementée, évaluation de certains apports ou besoins particuliers de constitution.
Créer avec un capital symbolique ne supprime donc pas ces dépenses.
Maintenant, ouvrez votre calendrier jusqu'au premier encaissement
C'est ici que le montant du capital devient une question de gestion plutôt qu'une simple question juridique.
Supposons que votre premier client ne vous paie pas immédiatement après l'immatriculation.
Entre la création et cet encaissement, que devra payer la société ?
Peut-être :
- une assurance professionnelle ;
- des logiciels ;
- un abonnement téléphonique ;
- du matériel ;
- un hébergement web ;
- des déplacements ;
- un dépôt de garantie ;
- des prestataires.
Une activité de conseil exercée depuis un ordinateur déjà possédé n'a évidemment pas le même besoin initial qu'une activité nécessitant du matériel, un local ou des achats importants.
Il n'existe donc pas un « bon capital » universel.
Le calcul utile consiste à estimer les décaissements qui arriveront avant les premiers encaissements.
Faites passer chaque besoin par trois cases
Prenons une dépense nécessaire au démarrage.
Posez successivement ces trois questions.
1. Est-ce une dépense de création ?
Si elle correspond directement à la constitution de la société, elle fait partie du budget de création.
2. Est-ce une dépense d'exploitation ?
Un logiciel utilisé après l'immatriculation, une assurance ou une prestation nécessaire à l'activité appartiennent au budget de fonctionnement.
3. Qui fournit l'argent permettant de la payer ?
La société peut disposer de son capital et de ses futurs encaissements.
Un associé peut également, dans certaines situations, lui avancer personnellement des fonds qui seront enregistrés en compte courant d'associé.
Cette dernière solution ne doit pas être confondue avec le capital.
Capital et compte courant : deux façons très différentes de mettre 1 000 € dans la société
Imaginez maintenant deux créateurs qui injectent chacun au total 1 000 € dans leur entreprise.
Le premier inscrit les 1 000 € au capital.
Le second constitue un capital plus faible et avance ensuite une autre somme en compte courant d'associé.
Dans les deux cas, la société peut recevoir de l'argent.
Mais juridiquement et comptablement, ce n'est pas la même chose.
| Argent versé | Capital social | Compte courant d'associé |
|---|---|---|
| Nature | Apport à la société | Avance consentie à la société |
| Contrepartie | Droits attachés aux titres | Créance de l'associé sur la société |
| Remboursement | Ne fonctionne pas comme une simple dette remboursable à la demande | Peut être remboursé selon les conditions applicables et la situation financière de la société |
| Présentation | Figure dans le capital déclaré | Apparaît comme une dette de la société envers l'associé |
Le compte courant apporte donc de la souplesse, mais il ne rend pas inutile la réflexion sur le niveau du capital.
Vous avez payé une facture avant l'immatriculation : ne vous remboursez pas automatiquement
Le créateur doit parfois utiliser son compte ou sa carte personnelle alors que le compte de la société n'est pas encore utilisable.
Ce paiement personnel ne signifie pas qu'il suffit, après l'immatriculation, de faire un virement du même montant vers son compte privé.
Il faut conserver le justificatif et identifier correctement la dépense.
Selon la situation et la manière dont les actes accomplis pour le compte de la société en formation sont repris, la somme avancée pourra notamment être comptabilisée comme une dette de la société envers la personne qui l'a financée.
Le remboursement correspond alors au remboursement de cette avance, et non à une nouvelle charge.
Un ordinateur de 1 500 € ne remplace pas 1 500 € sur votre compte
Vous manquez de liquidités, mais possédez déjà du matériel nécessaire à l'activité.
Un bien peut, dans certaines conditions, être apporté en nature à la société.
Cela peut concerner par exemple du matériel informatique, un véhicule, une marque ou certains autres biens.
La valeur de l'apport en nature peut entrer dans le capital.
Mais attention à la conclusion.
Si vous apportez un ordinateur à la société, celle-ci possède désormais un ordinateur.
Elle ne possède pas pour autant la somme correspondante sur son compte bancaire.
L'apport en nature peut donc constituer le capital sans financer une facture payable en euros.
C'est une distinction essentielle lorsque votre problème de départ est précisément le manque de trésorerie.
Et votre travail ? Il peut constituer un apport sans remplir le compte bancaire
Il existe également l'apport en industrie : savoir-faire, travail ou compétences mis à disposition de la société dans les conditions prévues.
Cet apport peut donner des droits à l'apporteur, mais il n'entre pas dans la formation du capital social.
Surtout, là encore, il ne crée aucune trésorerie.
Si la société doit payer une facture le lendemain, votre savoir-faire peut être indispensable à son activité mais ne permettra pas d'effectuer le virement.
« Je peux apporter autre chose que de l'argent » et « ma société peut fonctionner sans argent » sont donc deux affirmations très différentes.
Le capital à 1 € devient surtout problématique quand vous lui demandez de financer quelque chose
Un capital symbolique n'est pas automatiquement une erreur.
Le problème apparaît lorsque le projet nécessite immédiatement des ressources que la société ne possède pas.
Il faut alors trouver un autre financement : avance d'associé, premiers encaissements, financement externe ou autre ressource adaptée à la situation.
Un capital plus élevé peut également renforcer la solidité financière de départ et rassurer certains partenaires. Service Public indique notamment qu'il peut faciliter l'obtention de financements bancaires et rassurer fournisseurs ou futurs investisseurs.
Cela ne signifie pas qu'une banque refusera automatiquement un dossier à 1 €, ni qu'un client refusera automatiquement de travailler avec vous.
Le capital n'est qu'un élément du dossier économique.
Il existe une différence entre « capital souscrit » et argent versé immédiatement
Vous n'avez pas nécessairement à verser immédiatement la totalité des apports en numéraire inscrits au capital.
Pour une SAS ou une SASU, au moins 50 % des apports en numéraire doivent être libérés lors de la constitution, le solde pouvant être versé ultérieurement dans le délai légal.
Pour une SARL ou une EURL, au moins 20 % des apports en numéraire doivent être libérés lors de la constitution, le solde pouvant également être versé ultérieurement dans le délai légal.
Cette possibilité ne doit toutefois pas être utilisée uniquement pour afficher artificiellement un capital élevé.
Un capital souscrit mais non encore entièrement libéré n'est pas la même chose qu'une somme déjà disponible sur le compte de la société.
Le budget minimum n'est donc pas « 1 € »
Revenons à votre enveloppe de départ.
Au lieu de demander :
« Quel est le capital minimum ? »
Préparez quatre montants :
- les frais nécessaires à la constitution ;
- les dépenses qui arriveront avant le premier encaissement ;
- la marge de trésorerie que vous souhaitez conserver ;
- la somme que les associés peuvent réellement mobiliser.
Vous pouvez ensuite décider quelle partie doit être placée au capital et si une autre partie doit éventuellement être apportée sous une autre forme.
C'est beaucoup plus utile que de choisir 1 €, 100 € ou 1 000 € simplement parce que vous avez vu ce montant dans un exemple sur Internet.
Créez votre société avec un capital adapté
Vos deux comptables dédiés vérifient le dossier avant le dépôt et préparent la suite dans la plateforme Fynteo.
Démarrer ma créationAvant de fixer le capital dans vos statuts, faites ce calcul
Prenez votre prévisionnel des premières semaines.
Notez uniquement les sorties d'argent certaines ou raisonnablement prévisibles avant les premiers encaissements.
Ajoutez les frais de création.
Regardez ensuite combien d'argent restera réellement disponible.
Si le résultat ne laisse quasiment aucune marge, le problème n'est pas que votre capital est juridiquement trop faible.
Le problème est que votre société risque de commencer son activité sans trésorerie suffisante.
C'est cette question que le montant du capital doit contribuer à résoudre.
Un doute sur le montant de votre capital ?
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Questions fréquentes
Peut-on créer une SASU avec seulement 1 € de capital ?
Oui. Le capital d'une SASU est librement fixé dans les statuts et peut en pratique être fixé à 1 €. Cela ne signifie toutefois pas que l'ensemble de la création et du démarrage de l'activité coûtera seulement 1 €.
Peut-on créer une EURL avec 1 € ?
Oui. L'EURL ne possède pas de capital social minimum imposé et le capital peut être très faible. Il faut néanmoins prévoir les frais de constitution et la trésorerie nécessaire à l'activité.
Combien coûte obligatoirement l'immatriculation d'une société commerciale en 2026 ?
Au 26 septembre 2026, Service Public indique 33,83 € pour la formalité d'immatriculation d'une société commerciale et 19,33 € pour la déclaration des bénéficiaires effectifs. Il faut notamment ajouter le coût de l'annonce légale, qui dépend de la forme de société et du territoire, ainsi que les éventuels frais propres à votre situation.
Dois-je verser immédiatement tout le capital de ma SASU ?
Non. Pour les apports en numéraire d'une SAS ou SASU, au moins 50 % doivent être libérés à la constitution. Le solde peut être versé ultérieurement dans le délai légal.
Et pour une SARL ou une EURL ?
Pour les apports en numéraire d'une SARL ou d'une EURL, au moins 20 % doivent être versés lors de la constitution. Le solde peut être libéré ultérieurement dans le délai légal.
Puis-je avancer personnellement les frais de création ?
Oui, certaines dépenses peuvent être avancées personnellement avant que la société dispose de ses propres moyens de paiement. Il faut conserver les justificatifs et traiter correctement la reprise de ces dépenses et l'avance correspondante afin que leur remboursement soit correctement comptabilisé.
Un capital de 1 € empêche-t-il d'obtenir un financement bancaire ?
Il n'existe pas de règle selon laquelle une banque doit automatiquement refuser une société disposant d'un capital de 1 €. Le niveau du capital peut toutefois entrer dans l'analyse de la solidité financière du projet. Le financement dépend plus largement du projet, de son besoin, de ses perspectives et des garanties éventuellement demandées.
Puis-je apporter mon ordinateur au capital plutôt que de l'argent ?
Un ordinateur peut constituer un apport en nature si les conditions applicables sont respectées. Sa valeur peut alors participer au capital. En revanche, cet apport ne crée pas de liquidités : la société possède l'ordinateur, pas la somme équivalente sur son compte.
Faut-il obligatoirement un commissaire aux apports pour apporter du matériel ?
Pas dans toutes les situations. Les règles de dispense dépendent notamment de la forme sociale, de la valeur des apports et de leur proportion dans le capital. Il faut vérifier les conditions correspondant précisément à votre société avant de constituer le dossier.
Quelle différence entre capital et compte courant d'associé ?
Le capital correspond à un apport donnant des droits dans la société. Le compte courant correspond à une créance de l'associé qui avance des fonds à la société. Les règles de remboursement et leur présentation comptable sont donc différentes.
Article publié le 26 septembre 2026. Les règles fiscales et sociales peuvent évoluer : en cas de doute sur votre situation, parlez-en à votre expert-comptable.
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