ARE et ARCE utilisent les mêmes droits au chômage de deux manières différentes. Avec le maintien de l'ARE, France Travail continue à vous verser tout ou partie de votre allocation chaque mois selon les revenus tirés de votre nouvelle activité. Avec l'ARCE, 60 % de vos droits ARE restant à verser sont transformés en capital, sous réserve de remplir les conditions du dispositif, notamment bénéficier de l'ACRE. Depuis les règles applicables aux droits ouverts à la suite d'une fin de contrat intervenue à compter du 1er avril 2025, un point change fortement la comparaison : le cumul de l'ARE avec les revenus d'une activité non salariée est lui aussi limité, en principe, à 60 % du reliquat de droits existant au démarrage de l'activité. Une poursuite peut être sollicitée dans certaines situations auprès de l'instance paritaire régionale. Le choix ne consiste donc plus simplement à opposer « 100 % des droits progressivement » à « 60 % immédiatement ». Il faut surtout décider quand vous avez besoin de cet argent et à quoi il doit servir.
Avant de comparer ARE et ARCE, séparez deux comptes qui n'ont pas le même problème
Vous avez 20 000 € de droits ARE restants.
La première question n'est pas encore : « ARE ou ARCE ? »
Écrivez plutôt deux montants.
Montant A : votre besoin personnel.
Il comprend par exemple votre logement, vos dépenses courantes, vos assurances et tout ce que vous devez continuer à payer pendant que la société démarre.
Montant B : le besoin de la société.
Il peut comprendre du matériel, un premier stock, un dépôt de garantie, des logiciels, des dépenses commerciales ou plusieurs semaines de charges avant le premier encaissement client.
Ces deux besoins peuvent conduire à des conclusions très différentes.
Un consultant qui possède déjà son ordinateur peut avoir presque aucun besoin professionnel au démarrage, mais avoir besoin d'un revenu personnel pendant six mois.
Un entrepreneur qui doit financer du stock avant sa première vente peut rencontrer exactement le problème inverse.
Faites maintenant apparaître ce que 20 000 € de droits deviennent avec l'ARCE
Prenons uniquement un exemple de mécanique.
Vous disposez de 20 000 € de droits ARE restant à verser au moment retenu pour le calcul.
L'ARCE représente 60 % de ce reliquat :
20 000 € × 60 % = 12 000 €.
Une participation de 3 % destinée au financement des retraites complémentaires est ensuite déduite du capital servant au calcul de l'ARCE.
Dans cet exemple simplifié :
12 000 € - 3 % = 11 640 €.
Des prélèvements sociaux peuvent également s'appliquer selon votre situation.
L'ARCE est versée en deux fractions égales.
La seconde intervient six mois après le premier versement si vous exercez toujours l'activité pour laquelle l'ARCE a été accordée et si vous n'exercez pas, à cette date, un emploi en CDI à temps plein.
L'ARCE est imposable à l'impôt sur le revenu. Elle ne permet pas, à elle seule, de valider des trimestres de retraite de base, contrairement aux périodes indemnisées au titre de l'ARE dans les conditions applicables.
Sources de vérification : France Travail, Unédic, Urssaf et Service Public, règles consultées en septembre 2026.
Avec l'ARE, observez plutôt votre calendrier personnel
Imaginez maintenant que votre société puisse fonctionner sans utiliser vos allocations.
Vous avez déjà votre ordinateur.
Vous travaillez depuis votre domicile.
Votre première mission est signée, mais le client vous règlera dans plusieurs semaines.
Le problème n'est pas de financer la société. Le problème est de payer vos dépenses personnelles avant que votre activité puisse éventuellement vous procurer un revenu.
Le maintien de l'ARE répond précisément à cette logique.
Chaque mois, vous restez inscrit à France Travail, vous vous actualisez et vous déclarez votre activité et les rémunérations ou revenus demandés. Le montant versé dépend ensuite des règles de cumul applicables à votre situation.
Lorsque les revenus de l'activité sont connus, le calcul tient compte de ces revenus. Lorsqu'ils ne peuvent pas encore être déterminés, France Travail peut procéder à un paiement provisoire avant régularisation.
Pour les droits concernés par les règles entrées en vigueur le 1er avril 2025, le cumul lié à l'activité non salariée est en principe plafonné à 60 % du reliquat de droits existant au démarrage de l'activité.
Une fois ce plafond atteint, le versement cesse en principe. Une poursuite exceptionnelle peut être demandée auprès de l'instance paritaire régionale lorsque les conditions prévues sont réunies.
Cette limite doit désormais faire partie de votre prévisionnel personnel.
Le vrai test consiste à dessiner les six premiers mois
Prenez une feuille et tracez deux lignes.
Sur la première, inscrivez vos besoins personnels mois par mois.
Sur la seconde, inscrivez uniquement les dépenses nécessaires au lancement de la société.
Exemple :
| Mois | Besoin personnel | Besoin de la société |
|---|---|---|
| M1 | Loyer et vie courante | Ordinateur et logiciels |
| M2 | Vie courante | Prospection |
| M3 | Vie courante | Faibles charges fixes |
| M4 | Vie courante | Faibles charges fixes |
| M5 | Vie courante | Financement par les premières ventes |
| M6 | Vie courante | Financement par les premières ventes |
Ce tableau ne choisit pas à votre place.
Il permet en revanche de voir où se trouve réellement le manque d'argent.
Si le trou se situe principalement dans la colonne personnelle, recevoir un capital important pour ensuite l'injecter dans la société ne répond pas nécessairement au problème.
Si le trou se situe principalement dans la colonne de droite, parce que l'activité ne peut même pas commencer sans investissement, le versement en capital mérite davantage d'être étudié.
Ne confondez pas l'ARCE avec le capital social de votre société
L'ARCE vous est attribuée personnellement.
Cela ne signifie pas que l'argent devient automatiquement celui de votre SASU ou de votre EURL.
Si vous voulez utiliser une partie de cette somme pour financer la société, il faut organiser son entrée dans l'entreprise.
Vous pouvez notamment apporter des fonds au capital dans le cadre des règles applicables à sa constitution ou verser personnellement de l'argent en compte courant d'associé.
Dans ce second cas, la comptabilité constate une dette de la société envers vous.
Cela permet de répondre à une question qui est souvent oubliée :
L'argent que vous mettez dans votre société doit-il y rester durablement ou souhaitez-vous qu'elle puisse vous le rembourser ultérieurement ?
La réponse peut modifier la manière dont le financement initial est organisé.
ARE ou ARCE : faites chiffrer vos six premiers mois
Vos deux comptables dédiés Fynteo posent avec vous vos besoins personnels et ceux de la société, date par date, sur la plateforme Fynteo, avec une équipe réactive qui vous répond vite.
Créer ma société avec FynteoSASU ou EURL : ne choisissez pas votre société uniquement pour conserver l'ARE
Le statut juridique influence la manière dont les revenus du dirigeant sont traités, mais « je touche le chômage » ne suffit pas à choisir entre SASU et EURL.
En SASU, le président est assimilé salarié lorsqu'il est rémunéré au titre de son mandat. Une absence de rémunération peut donc rendre la situation particulièrement lisible : il faut être capable de la justifier auprès de France Travail avec les documents demandés.
Mais cela ne transforme pas automatiquement la SASU en meilleur statut.
Il faut également comparer le coût d'une future rémunération, la protection sociale recherchée, la fiscalité, la façon dont vous comptez récupérer l'argent de la société et votre situation après la fin des allocations.
En EURL, le traitement dépend notamment du régime fiscal de la société et du statut social du gérant. Pour un gérant associé unique relevant du régime des travailleurs indépendants, les revenus servant au calcul social et leur calendrier de connaissance peuvent rendre les régularisations France Travail moins immédiates.
Le choix du statut doit donc être réalisé sur la durée de vie de l'entreprise, pas uniquement sur les premiers mois d'indemnisation.
Les dividendes ne doivent pas devenir votre raccourci pour contourner la rémunération
Un scénario revient souvent :
« Je ne me verse aucun salaire, je garde mon ARE et je prendrai tout en dividendes ensuite. »
Il manque plusieurs étapes.
Un dividende suppose notamment qu'une somme soit juridiquement distribuable et qu'une décision de distribution puisse intervenir dans les conditions requises. La trésorerie visible sur le compte bancaire n'est donc pas automatiquement un dividende disponible.
Surtout, ne construisez pas votre prévisionnel chômage sur l'affirmation générale selon laquelle « les dividendes n'ont jamais d'effet sur l'ARE ».
Les règles d'assurance chômage applicables aux créateurs doivent être regardées dans leur ensemble. Par exemple, lorsqu'un entrepreneur ayant atteint le plafond de 60 % demande exceptionnellement la poursuite du cumul auprès de l'instance paritaire régionale, l'Unédic prévoit notamment une condition d'absence de revenus d'activité, y compris de dividendes, depuis la création ou la reprise.
Avant une distribution pendant une période d'indemnisation, faites donc vérifier son traitement dans votre situation auprès de France Travail.
L'ARCE vous donne du capital : elle ne donne pas automatiquement du financement à votre société
Prenons un créateur qui reçoit son premier versement d'ARCE.
Trois décisions restent possibles :
- conserver une partie de la somme personnellement pour financer ses dépenses courantes ;
- injecter une partie dans sa société ;
- conserver une réserve personnelle et financer progressivement la société en fonction de ses besoins réels.
Il n'est pas nécessaire de transférer immédiatement toute l'ARCE sur le compte professionnel.
C'est précisément pour cette raison qu'il est utile de séparer les deux trésoreries dès le premier jour.
Une fois l'argent versé à la société, les mouvements doivent également être correctement identifiés en comptabilité : capital, compte courant d'associé, remboursement d'une dépense avancée personnellement ou autre opération selon le cas.
Votre compte professionnel doit permettre de suivre l'argent après la création
Au démarrage, vous pouvez avoir presque simultanément :
- le dépôt du capital ;
- un versement personnel en compte courant ;
- les premières factures de création ;
- des abonnements ;
- les premiers achats ;
- puis les premiers encaissements clients.
Plus ces flux sont mélangés, plus il devient difficile de savoir ce que la société possède réellement et ce qu'elle vous doit.
Chez Fynteo, Qonto et le Compte Pro Pennylane sont les deux options que nous recommandons pour travailler avec le cabinet.
Le Compte Pro Pennylane est intégré à l'environnement comptable Pennylane et opéré par Swan. Qonto peut être connecté nativement à Pennylane.
Dans les deux cas, l'objectif comptable est le même : faire remonter les opérations bancaires dans Pennylane, associer les justificatifs aux mouvements concernés et permettre au cabinet de suivre la comptabilité au fil de l'eau.
Vos deux comptables dédiés disposent ainsi de la même information bancaire que vous sans attendre l'envoi manuel des relevés plusieurs semaines plus tard.
Pour un créateur qui combine capital social, éventuelle ARCE, compte courant et premières dépenses, cette traçabilité est particulièrement utile.
Avant de choisir, essayez de faire échouer chacun des deux scénarios
Ne cherchez pas immédiatement celui qui paraît le plus avantageux.
Testez plutôt ce qui pourrait mal se passer.
Scénario ARE
Posez-vous ces questions :
- Que se passe-t-il si mon premier client paie deux mois plus tard que prévu ?
- À quelle date ma société pourra-t-elle réellement me rémunérer ?
- Quel est le plafond de cumul applicable à mes droits ?
- Mes revenus seront-ils immédiatement connus ou feront-ils l'objet de régularisations ?
- Quelle réserve personnelle me restera à la fin de ma période d'indemnisation ?
Scénario ARCE
Puis changez de risque :
- De combien ai-je réellement besoin pour lancer l'activité ?
- Quelle partie du premier versement restera disponible pour mes dépenses personnelles ?
- Que se passe-t-il si le chiffre d'affaires démarre trois mois plus tard ?
- Ai-je bien obtenu l'ACRE ?
- Mon activité sera-t-elle toujours exercée six mois après le premier versement ?
- Ai-je prévu la fiscalité du capital reçu ?
Le scénario qui résiste le mieux à un démarrage plus lent que prévu mérite généralement d'être étudié plus sérieusement.
Les 40 % non transformés en ARCE ne disparaissent pas automatiquement
L'ARCE mobilise 60 % du reliquat de droits.
La fraction restante peut rester disponible dans les conditions prévues par l'assurance chômage.
Pour les créations ou reprises relevant des règles applicables depuis le 1er avril 2025, la reprise de ce reliquat après l'ARCE suppose notamment la cessation de l'activité non salariée à l'origine de l'aide et une réinscription comme demandeur d'emploi.
Si le second versement de l'ARCE a été effectué, un différé spécifique peut également repousser la reprise du paiement.
Les droits restent par ailleurs soumis au délai de déchéance prévu par l'assurance chômage.
Il faut donc éviter deux raccourcis opposés :
« Avec l'ARCE, je perds automatiquement les 40 % restants. »
et
« Je pourrai récupérer les 40 % quand je veux tout en continuant ma société. »
Aucune de ces deux phrases ne décrit correctement les règles actuelles.
Le choix final tient dans quatre dates, pas dans un pourcentage
Avant de demander l'ARCE ou d'organiser le maintien de l'ARE, inscrivez :
- la date à laquelle vous créez réellement l'activité ;
- la date à laquelle votre entreprise doit engager ses premières dépenses importantes ;
- la date probable du premier encaissement client ;
- la date à laquelle vous pensez devoir commencer à tirer un revenu de l'entreprise.
Vous obtenez alors une chronologie financière.
C'est elle qu'il faut confronter aux modalités de l'ARE et de l'ARCE.
Deux entrepreneurs disposant exactement du même reliquat de droits peuvent ainsi avoir besoin de dispositifs différents simplement parce que leur argent n'est pas nécessaire au même moment.
Avant de déposer votre demande à France Travail, validez votre calendrier
Création, premières dépenses, premier encaissement, premier revenu : vos deux comptables dédiés vérifient ces quatre dates avec vous, et la plateforme Fynteo suit l'argent dès l'ouverture du compte pro.
Démarrer ma créationParlez de votre ARE ou de votre ARCE avec un expert
Une équipe réactive et deux comptables dédiés pour arbitrer entre maintien de l'ARE et capital ARCE, selon votre statut et votre trésorerie.
Questions fréquentes
L'ARCE représente-t-elle toujours 60 % des droits restants ?
Le taux de 60 % concerne notamment les allocataires dont la fin de contrat de travail est intervenue à compter du 1er juillet 2023. Une déduction de 3 % destinée au financement des retraites complémentaires est appliquée au capital. Des règles antérieures peuvent continuer à concerner certaines situations plus anciennes. Il faut donc vérifier la date de fin du contrat ayant ouvert vos droits.
L'ARCE est-elle versée en une seule fois ?
Non. Elle est versée en deux fractions égales. Le second versement intervient six mois après le premier si vous exercez toujours l'activité concernée et si vous n'exercez pas un emploi en CDI à temps plein à cette date.
Faut-il obtenir l'ACRE pour demander l'ARCE ?
Oui. Le bénéfice de l'ACRE fait partie des conditions d'accès à l'ARCE. Depuis le 1er janvier 2026, la demande d'ACRE doit être adressée à l'Urssaf dans les 60 jours suivant le début de l'activité.
Peut-on commencer avec l'ARE puis demander l'ARCE ?
Une demande d'ARCE peut être envisagée après avoir commencé à percevoir l'ARE si vous remplissez encore les conditions. Le capital est alors calculé à partir des droits restant à verser au moment retenu pour l'attribution de l'aide. Les allocations déjà consommées ne sont donc pas intégrées une seconde fois dans le calcul.
Peut-on cumuler ARE et ARCE ?
Non pour les mêmes droits et la même période : l'ARCE constitue une alternative au maintien de l'ARE dans le cadre de la création ou reprise d'entreprise.
L'ARE continue-t-elle forcément jusqu'à épuisement de tous mes droits si je ne me rémunère pas ?
Pas nécessairement. Pour les droits concernés par les règles applicables depuis le 1er avril 2025, le cumul avec une activité non salariée est en principe plafonné à 60 % du reliquat existant au démarrage de l'activité. Une poursuite exceptionnelle peut être demandée à l'instance paritaire régionale lorsque les conditions sont réunies.
Que deviennent les 40 % de droits qui ne sont pas versés avec l'ARCE ?
Ils ne sont pas automatiquement perdus. Pour les ARCE relevant des nouvelles règles, ils peuvent notamment être repris après cessation de l'activité non salariée et réinscription comme demandeur d'emploi, sous réserve des autres conditions et délais applicables. Un différé peut s'appliquer lorsque le second versement de l'ARCE a été reçu.
L'ARCE est-elle imposable ?
Oui. L'ARCE conserve la nature d'un revenu de remplacement et est imposable à l'impôt sur le revenu. Il faut donc intégrer sa fiscalité dans la comparaison, notamment lorsque les deux versements interviennent sur la même année fiscale.
SASU ou EURL : quel statut permet de conserver le mieux l'ARE ?
La forme juridique ne doit pas être choisie uniquement à partir de l'ARE. La SASU peut rendre particulièrement lisible l'absence de rémunération du président, tandis que le traitement d'un gérant associé d'EURL dépend notamment de son régime social et fiscal. Il faut comparer simultanément l'indemnisation France Travail, les cotisations futures, la fiscalité et la rémunération prévue après la période de chômage.
Article publié le 27 septembre 2026. Les règles fiscales et sociales peuvent évoluer : en cas de doute sur votre situation, parlez-en à votre expert-comptable.
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